samedi 27 juin 2009

Que vive le concret.





Les drafts sont bouclées. Matthew Stafford va quarterbacker les Detroit Lions, la pire équipe de l'histoire. Le plus gros contrat de la NFL -- 41,7M garantis-- adoucira la douleur. Stephen Strasburg devient le grand espoir de la pire équipe de la MLB, les Washington Nationals. L'espoir c'est déjà qu'il signe, Scott Boras compte bien demander un contrat record mirobolant, ça devrait traîner. Blake Griffin se retrouve dans la pire équipe NBA ; les Clippers. Mais au moins c'est Los Angeles et son contrat est défini à l'avance, l'avantage du rookie scale.



Qu'en dire de plus? On verra bien...
Pour la NFL, l'an passé les deux QB's pris au premier tour (Matt Ryan et Joe Flacco) ont été titulaires dès leur premier match --Ryan par la force de son contrat et du besoin d'effacer Michael Vick des mémoires ; Flacco par la force des choses--, et ont chacun fait une saison formidable. Matt Ryan fut plutôt efficace dès sa première passe.
Cette année 3 QB's ont été pris au premier tour : Stafford (1e), Mark Sanchez (5e par les Jets) et Josh Freeman (17e par les Bucs). Normalement il est conseillé de les laisser mûrir quelques temps sur le banc mais les succès de l'an passé poussent au soudain.
Les Lions ont peu de pression, ils ne peuvent pas faire moins bien que 0-16. Jim Schwartz est dans sa première saison de headcoach, tout comme Rex Ryan pour les Jets et Raheem Morris ; aucun ne risque sa place. Seuls les Jets ont une petite urgence à gagner avec tout le pognon dépensé l'année dernière durant la free agency. Et puis aussi parce que c'est New-York, faut pas déconner.

Au pays les experts analysent en profondeur les drafts pour chaque franchise le lendemain de l'événement, voire le soi-même, avec notation péremptoire. Un tour de force : analyser un choix avant même qu'il ne soit effectif. Stafford sera peut-être Peyton Manning. Ou bien Tim Couch, allez savoir. Ratiociner sur d'aléatoire conjectures. Se noyer dans l'abstrait...

Comme un soliloque de Fanny Ardant. Lorsque son esprit plonge en apnée vers d'inconnues profondeurs, le long du fil de sa voix sombre et monocorde, capturer un mot merveilleux qu'elle remonte fièrement à la surface, notre altitude humaine terriblement plate, nous l'offrir généreusement avec la fierté de l'explorateur venant de découvrir l'Atlantide et remontant une première amphore ; puis reprend son souffle, replonge nous en apporter un autre en laissant traîner une syllabe du précédent pour nous tenir en haleine. Notre respiration resterait haletante si ces mots mis bout à bout présentaient un intérêt quelconque. Malheureusement nous avons déjà entendu quelque part que le cinéma c'est la vie ou que l'enfaaaaaaaance...
On part respirer ailleurs. Rien ne vaut le concret. Les impôts, les pâtes, la météo. Le père de Marcel Proust l'a bien dit : "... le temps qu'il fait! Mais il n'y a rien de plus intéressant!"

lundi 15 juin 2009

Champions du nouveau monde.




Voila. Les Los Angeles Lakers sont champions.
Orlando s'écroule ; Los Angeles achève la bête. C'est là qu'ils sont à leur meilleur les Lakers : quand ils reniflent le sang. Les crocs dans le cou de l'antilope exsangue.
Des finales décevantes, en dehors de deux grandes fins de match.
Kobe Bryant est forcément MVP. En alternant le merveilleux et le pénible. Pau Gasol et Lamar Odom furent brillants.
Howard est encore frustre en attaque. mais impressionnant en défense et au rebond. Stan Van Gundy est fantaisiste. Jameer Nelson à la place de Rafer Alston dans le game 4. Tony Battie sur Lamar Odom, Howard qui reste sur le terrain avec 4 fautes en fin de 3e QT pour prendre tout de suite sa 5e, etc.
Phil Jackson est maintenant le headcoach le plus titré : dix. On peut toujours dire que c'est trop facile Jackson a eu Jordan/Pippen, O'neal/Bryant, puis on lui a offert Pau Gasol. Red Auerbach avait 97% des all-stars d'une ligue de 6 équipes sans salary cap. Avec Bill Russell. Il fumait le cigare c'est vrai. En noir et blanc, on ne se rend pas compte que le costume d'Al Capone est violet.



Un titre mérité pour les Lakers et Bryant gagne enfin son titre comme joueur n°1, grignotant quelques places au "classement du meilleur joueur de tous les temps".

Johan Santana s'est un peu écroulé au Yankee Stadium lui aussi : 3.0 IP 9H 9R 9ER 2B 3SO 1HR.
Il prend 9 runs avec un seul HR, pourtant son petit pêché mignon. Un soir sans. Son ERA gonfle à 3.29, pour 8W-4L. Pendant ce temps-là, en toute discrétion, Matt Cain cueille sa 9e victoire (9-1) avec un 2.39 ERA. Le successeur de Tim Lincecum peut se trouver à ses côtés.
La saison est encore longue. Nous aurons le temps de la suivre, la NBA c'est fini.

Il pleut putain. Il pleut.

lundi 8 juin 2009

Rock'n roll!




Une nouvelle coupe de cheveux. La confiance. L'estime de soi.
Florence Foresti s'amène avec une nouvelle coiffure, sa carrière s'envole, elle nous charme. C'est du moins ce qu'on nous dit dans Paris Match.
Maintenant qu'il a la nuque et les tempes dégagées, Stan Van Gundy se sent pousser des ailes et vole vers l'incongru. J.J. Reddick joue 27 minutes. Choix judicieux, puisqu'il se fend d'un somptueux d'un 2/9 FG. Mais il y'a mieux : faire jouer Marcin Gortat avec Howard face à Odom et Gasol. Contre Bynum et Gasol pourquoi pas y'aurait de l'idée --encore qu'en ce moment Bynum, même Juwan Howard pourrait le défendre-- mais Gortat pour défendre sur Odom? Quelle est l'idée? Laisser tirer tranquillement Odomen attaque et lui permettre en défense de double-teamer en permanence Howard avec Gasol puisque de toute façon Gortat ne va pas mettre des paniers à 6m, faut pas déconner. Howard peine en attaque. Le mot est faible, il est à peu près aussi à l'aise qu'Antoine de Caunes dans les deux papas et la maman. Ce n'est pas Gortat qui va écarter le jeu et lui donner de l'espace. Arielle Dombasle ne va pas aider un acteur à se sublimer. Certains choix...
La dernière vraie possession d'Orlando dans le temps réglementaire se termine sur une pénétration désolée de Courtney Lee, un rookie qui n'avait pris qu'un seul tir jusqu'à présent dans tout le match. Magnifique système.
Pendant ce temps-là Rafer Alston est perdu, Jameer Nelson est à 50% , Anthony Johnson est enterré sous le banc, où il fait la gueule. Voila comment ruiner définitivement une rotation en 2 matchs. Orlando n'y est pas, heureusement qu'il y'a Rashard Lewis.
Les Lakers ne sont pas forcément brillants mais le trio Bryant-Gasol-Odom est pour l'instant largement au-dessus d'Orlando. Trois joueurs suffisent contre un.
Ces finales sont donc bien pénibles à regarder. Les joueurs jouent mal, les arbitres arbitrent mal. Un premier match plié en 2e QT avec les jeunes d'Orlando complètement crispés. Un deuxième match certes à suspens mais EXTRÊMENENT laborieux. Des fautes sifflées à tort et à travers. Jack Nicholson a failli sortir sa hache. C'est bien qu'il soit là, ça agrémente un peu le spectacle.


Le brio, la constance, c'est Roy Halladay. Toujours. Encore un complete-game shutout hier : 9.0IP 7H 0R 0ER 0 BB 6SO et seulement 97P pour boucler le match. Sa 10e victoire de la saison (10W-1L) ; un ERA qui descend à 2.52.
Notons qu'il a pitché 7+ Innings sur chacun de ses 13 starts de la saison. Le record est de 20 consécutifs par Tom Seaver. Mais c'était en NL.
Halladay fait tout ça avec l'équipe des Geais Bleus de Toronto. Pas exactement surpuissante. Le supposé meilleur joueur Alex Rios bouffe la 3e position avec .287 BA 7HR 27RBI. Le clean-up hitter (4e dans l'ordre) Vernon Wells ne nettoie pas grand chose avec ses pauvres .254 BA 5HR 8RBI. Plutôt souillon.
En effet, mieux vaut lancer correctement, ne pas encaisser trop de runs pour gagner. C'est plus prudent.

mardi 2 juin 2009

Seul.





J'aime beaucoup LeBron James. Un spécimen admirable dont on ne connaît pas encore les limites.
Cependant l'élimination des Cavs n'est pas une mauvaise chose pour la NBA. Ça ne les arrange pas du tout côté marketing : ils avaient TOUT misé sur une finale Kobe/LB. Il faut refaire tout l'habillage. Mais l'important, c'est le basketball et on apprécie la leçon : un joueur ne peut pas gagner tout seul.
Michael Jordan a dû attendre 28 ans et un duo pour le soutenir pour gagner son premier titre. Il lui reste donc un peu de temps. Certes, mais gardons tout de même à l'esprit que Jordan a fait 3 ans d'université, n'a presque pas joué sa deuxième saison, puis a pris 2 années sabbatiques. James aura joué autant de matchs à 30 ans que MJ à 35 ans quand il a gagné son 6e titre en maltraitant Utah. Ne pas trop tarder, on ne sait jamais. Les genoux sont parfois capricieux.
Contre Orlando, LBJ était donc souvent seul. Delonte West, après un premier match difficile, et celui qui s'en sort le mieux avec 14.5 pts à 44.9% et quelques paniers à des moments importants. Pour le reste Mo Williams --souvenez-vous celui qui a bénéficié d'un lobbying mieux rodé que la NRA pour aller au ASG-- shoote à 37.1% l'air (Alain) penaud et Žydrūnas Ilgauskas tourne très péniblement à 10.5 pts avec un pourcentage pâle pour un intérieur pâle (44.6%) et la vitesse de jambes de Muhammad Ali. Celui de 2009.
Une présence intérieure faible sans secours éxtérieur... pour un premier tour, ça passe. Un deuxième tour face aux adolescents d'Atlanta, ça va encore. Mais fin mai - début juin, ça coince, une équipe est à prévoir. Oui Wade a gagné les finales 2006 seul ou presque, mais il a tout de même reçu l'aide des Mavericks, qui se sont écroulés comme un Paul-Henri Mathieu au meilleur de sa forme à deux points du match, et le petit coup de pouce des arbitres.
Pour gagner en basketball il faut avoir un joueur d'élite et quelques pièces autour. Kobe Bryant n'aurait pas battu les Nuggets sans Pau Gasol. Turkoglu et Lewis complètent Howard.
Prenons mes Hornets. Le pauvre Chris Paul a fait ce qu'il a pu mais les autres joueurs n'y étaient pas trop. Tyson Chandler est un spécialiste de la défense. Mais pour impressionner les filles, il faut mettre des paniers spectaculaires. Il forçait donc des tirs folkloriques, lui qui pourtant était toujours dans les sommets au FG %. Résultat : 56.5% contre 62.3% la saison précédente. Puisque la défense c'est moins sexy, autant arriver en retard et prendre une faute bête. ça fera un gros plan pour mettre en avant ses qualités d'acteur : jouer l'incompréhension, la surprise, la révolte face à l'injustice...
L'affront d'être transféré, puis de devoir revenir le museau bas, ne l'a pas aidé à se reprendre pour la fin de saison.
David West aussi en deçà ne méritait pas forcément sa sélection au ASG. Les adversaires commencent à comprendre à le pick & roll avec Paul. Ils ont peut-être regardé des vidéos de Malone/Stockton, il y'a presque 20 ans de matière.
Ajoutez à cela un coach que plus personne n'écoute... Paul fait une saison fabuleuse mais ne peut pas porter seul l'équipe, qui se fait taper au premier tour, et il n'est pas mentionné dans les discussions pour le MVP.
Espérons qu'ils se reprennent. Y'a de l'espoir. Ils ne sont pas loin. Un David West revigoré, un Chandler apaisé. Si Stojakovic ne se blesse pas trop, c'est aussi bienvenu. James Posey n'a pas pu se montrer décisif en playoffs cette saison, donnons lui l'occasion de le faire la saison prochaine. Le problème Byron Scott restera mais le patron c'est Chris de toute façon.
Mes Hornets. Je ne suis pas de la Nouvelle-Orléans. Ni de CHarlotte. Pas même un vrai fan, non. Mais 1994, Bercy, Golden State Warriors - Charlotte Hornets. Tyrone Muggsy Bogues, Larry Johnson, Tim Hardaway, Latrell Sprewell. J'ai ramené un poster et un fanion des Hornets. Le poster a fièrement décoré ma chambre jusqu'à la fin. Le fanion poursuit ému sa route dans celle d'Olivera.
ZO' n'était pas là, je ne l'aurais pas vu. Je ne sais pas si je verrai un jour Sarah . Ni une autre. Il y'a moins d'espoir. Je suis plutôt loin.

lundi 1 juin 2009

Sunshine, Lollipops And Rainbows




Sunshine, au moins c'est certain. Orlando et Los Angeles. Du bleu, du jaune. Le ciel, l'océan, le sable. Qu'il doit être agréable d'être envoyé couvrir l'événement...
Les Nuggets se sont battus jusqu'au 5e match, puis ont laisser couler le 6e match, pourtant à domicile, sans daigner se rebiffer. Trop occupés à réfléchir aux tatouages de vacances.
Orlando a vaincu Cleveland ; là aussi en 6 matchs. Orlando est rudement solide.
Game 5 : Cleveland, à domicile, mène 34-12 au bout de 10 minutes. Le Magic (ça fait toujours un peu bizarre de dire "le magic", surtout pour utiliser l'article définis "ils" juste après, mais il faut s'y résoudre, on ne peut pas dire "Orlando" 50 fois de suite) reste serein. Pas la moindre inquiétude sur les visages. Ils reviennent tranquillement en jouant leur jeu sans se précipiter une seconde. Du reste le public de Cleveland, qui a vu les deux premiers matchs et sait comment ça va se passer, ne s'emballe pas et ne fait pas plus de bruit que le stade Louis II dans sa furie la plus mesurée. Personne n'est donc surpris quand Orlando revient à un point de Cleveland à la mi-temps : 55-56.
Les Cavs vont finalement gagner le match. Certainement grâce au soutien de Mariano Rivera, C.C. Sabathia et Alex Rodriguez présents dans la salle, qui eux savent ce que c'est de dominer une saison régulière pour perdre en playoffs. (Oui oui Rivera a gagné il y'a quelques temps).
Le Magic perd le match, mais le sang-froid est encore une fois remarquable.
Ils s'épargneront l'effort d'une remontée au Game 6 en gardant le 1e QT sous contrôle avant de prendre les choses en mains en 2e : 18 pts d'avance à lami-temps. L'adresse insolente de Lewis et d'un Pietrus --décidément en très grande forme-- fut meurtrière. Ils n'ont plus été inquiétés.

Ce sera donc Magic-Lakers. ça devrait être disputé. Pau Gasol aura moins d'espace dans la raquette pour exécuter ses entrechats ; Trevor Ariza devra continuer à rentrer ses tirs extérieurs (50% 3PT sur les playoffs). Les autres feraient bien de suivre.
Orlando en finale c'est plutôt sympa : une équipe qui défend très bien et propose un jeu attrayant en attaque, sans faire la même chose à chaque action. Ils usent abondamment du tir à 3pts. Mais quand on les met on serait bête de se priver, 3 pts c'est plus que 2. D'autant que c'est plus qu'équilibrée par la présence intérieure dominatrice de Dwight Howard. Il n'a pas encore 36 mouvements en attaque mais je dois avouer qu'il ne se débrouille pas mal avec les deux qu'il maîtrise.
Le bémol c'est qu'on va nous rappeler Shaquille O'neal et Penny Hardaway. Et c'était en 1995. Il y'a 14 ans. QUATORZE ANS. C'est si loin. Je vais sur mes trente ans, le kiné me l'a dit. Je n'avais pas bien réalisé jusqu'à présent, mais il voulait m'en faire prendre conscience. Il a un peu insisté pour me convaincre. Quelques verres de rhum le lendemain ont achevé l'explication. L'exercice pratique. Je crois avoir saisi.
En 1995, j'allais en vacances à Vieux-Boucau avec mes grand-parents. Au lever, mon grand-père allait chercher des croissants, des pains au chocolat et l'Equipe pour le petit-déjeuner. Et le doux souvenir d'une chocolatine encore chaude dégustée sous la fraîcheur des odorants pins landais c'est tout de même autre chose qu'une madeleine étouffe-chrétien trempée dans un thé affadi par une froide porcelaine bourgeoise.



Le lundi il ramenait en supplément Midy-Olympique --Midol. Mon grand-père est un passionné de rugby, un enthousiaste et fidèle acteur de l'ovalie du sud-ouest. La performance bien terne du Stade Toulousain défait par Clermont l'a déçu. Un match rugueux, sans grandes envolées. Le fameux "rugby moderne" s'appuie sur le physique, la taille et les muscles. Lièvremont est réticent à sélectionner J-B Élissalde, le jugeant trop petit. Thomas Castaignède a bien fait de ne pas naître quelques années trop tard.
L'autre Stade (celui du calendrier) n'a guère été plus brillant et s'est également incliné après avoir entretenu un peu de suspens en fin de match. L'USAP était au-dessus. Maxime Mermoz confirme qu'il est une des révélations de l'année. La paire de centres qu'il forme avec David Marty fut de loin supérieure à celle de Paris : Libenberg/Bastareaud. Un en-avant de celui-ci met un terme à l'attaque de la dernière chance, et au match.
Mathieu Bastareaud a de l'avenir c'est évident mais il a eu toutes les difficultés du monde à garde la balle en main. Un problème de riches, Adrian Peterson a le même.
La finale opposera donc Clermont à Perpignan. C'est assez frais. Pour la première fois depuis 1993 le champion ne sera pas Toulouse, Paris ou Biarritz. 1993... 16 ans... SEIZE ANS...

mercredi 27 mai 2009

Aspen-sur-seine.

Le grand air. La glisse délicate de ma planche sur la neige tendrement réchauffée par le soleil amicalement présent dans ce ciel dégagé. Le réconfort du champagne à la sortie des pistes. Mes vacances à Aspen son encore loin. Le Colorado et le chic ne s'impatientent pas vraiment. Mon canapé est là. Les Denver Nuggets sont là. Pour l'instant, l'équipe préférée d'UCSA des finales de conférence. La plus excitante, la plus dense, la plus complète.



Les autres équipes ont du mal à trouver un joueur utile sur leur banc. Orlando s'est dégoté l'excellent Pietrus, Los Angeles se garde Odom, Cleveland cherche encore. George Karl sourit en voyant sur son banc deux joueurs majeurs JR Smith et Chris Andersen, et le solide balte Linas Kleiza.
JR Smith est un shooteur de séries, on le sait, quand il est dans un bon jour il score comme il veut. Maintenant il sait aussi passer! Créer pour les autres quand il n'est pas en réussite.
Chris Andersen prouve encore une fois que la drogue c'est nul et qu'il faut arrêter tant qu'il en est encore temps. Pete Doherty n'est pas capable d'aligner trois mots ni trois pas sans trébucher ; le Birdman peut encore courir, sauter, voler au dessus du cercle. Il défend, contre, prend des rebonds, score, le tout avec force énergie. Il savoure les contre-attaques et du jeu en transition dont les Nuggets profitent à fond. L'enthousiasme.
Un enthousiasme partagé par le reste de l'équipe --Kenyon Martin et Nêné se tapent dans les mains, sur la poitrine pendant qu'Andrew Bynum s'ennuie et que Kobe s'énerve-- et par un public bouillonnant.
Denver n'avait pas atteint les finales de conférence depuis 1985. La dernière fois qu'il s'était passé quelque chose d'important c'était en 1994. Les Nuggets de Dikembe Mutombo Mpolondo Mukamba Jean-Jacques Wamutombo avaient éliminé les Supersonics de Payton et Kemp au premier tour ; devenant le premier 8e à éliminer le n°1. La ferveur n'est pas affaiblie par la lassitude des succès répétés. On est plus près d'un public d'université réagissant à chaque action qu'au public des Lakers réagissant à chaque gros plan sur Jack Nicholson ou Tom Cruise. Cela nous épargne les jingles pénibles destinés à diriger la foule amorphe. Et même pas de musique de rap à se farcir par dessus le jeu. Rafraîchissant.
Denver - Orlando, ça peut être sympa. Denver n'y est pas encore mais Orlando se rapproche. 3-1. Le schéma Rockets 94/95 est toujours efficace : un pivot dominant et que des joueurs extérieurs autour pour écarter le jeu et planter à 3 pts. Le basket-ball c'est simple. Et Mickael Pietrus est phénoménal, c'est réjouissant.
Pour Mike Brown ça reste tout de même compliqué. Game 4, il commence à s'ajuster un petit peu. Il fait jouer Szczerbiak et l'insupportable Gibson qui, après chacun de ses paniers, prend 5 secondes de liberté pour faire son cirque avant de revenir en défense. Les coureurs de 100m font les malins avant et après la course, ça fait partie du show, mais pas pendant. Sauf Usain Bolt quand il a 10m d'avance. Depuis deux ans Gibson accumule pourtant plutôt le retard.
Brown tente donc quelque chose. D'ici au Game 17 de la série, il déconseillera peut-être à ses joueurs de passer sous les écrans en tête de raquette.
Les playoffs NBA c'est vachement bien. La saison NHL s'approche de son dénouement. La saison MLB prend sa vitesse de croisière avec le retour des HR's d'A-Rod. Mais le plus important ça reste la NFL même quand il ne se passe rien. Tom Brady fait la couverture du prochain numéro de Sports Illustrated --la première fois qu'ils consacrent la couverture au football à cette semaine de l'année-- pour nous dire que ça va, mon genou va bien, impecc', merci.

mardi 26 mai 2009

c'était bien la peine.

C'était bien la peine de le mettre ce panier. Si c'est pour perdre la série...
Les Giants ont gagné le Superbowl XLII. Nous nous remémorons avec émotion l'extravagante réception de David Tyree, the Helmet Catch, qui a sauvé le drive conclu par le TD de Burress. L'Histoire se confirme en léger différé. Si les Patriots avaient gagné, nous n'aurions que l'amusant souvenir d'une réception acrobatique mais vaine. Ce serait bien dommage pour nous, c'est important l'émotion du souvenir, il lui faut de la saveur, et pour Tyree qui ayant bien du mal à se fabriquer une carrière depuis pourra au moins vivre là-dessus.
LeBron s'en fait déjà une de carrière, mais ça gâcherait un peu. Sauver la série pour la perdre quand même. Se jeter de toute sa bravoure dans les ailerons d'un requin pour y récupérer une petite fille attaquée... pour qu'elle meure d'hypothermie quelques minutes plus tard sur le sable de cette plage australe... les traces de dents sur la cuisse du héros n'intéressent plus grand monde.
Les Cavaliers et Mike Brown feraient bien de se remuer.
La différence des Cavs de cette saison par rapport aux précédentes : les apports de Mo Williams et dans une moindre mesure de Delonte West. L'information a été répétée et ingurgitée. Le souci c'est qu'ils combinent sur la sérié : 31/87 FG, 11/38 3PT. Nous voila revenus en 2007. LeBron doit se débrouiller et Howard bloque la raquette.
Mike Brown n'a pas de solutions. Enfin si, il en a trouvée une brillante : Ilgauskas dans le coin à 3 pts. Really?? C'est vraiment la solution? Son pivot de 7"3 dans les coins? Il pense vraiment que ça va effrayer Howard qui va s'éloigner de 7m du panier? Toujours le même problème de création offensive à Cleveland, enfin de son absence.
Pourquoi ne pas mettre LeBron en 4 (les mensurations de Karl Malone ne devraient pas le desservir) et ne garder qu'un seul grand? Orlando ne joue qu'avec Howard à l'intérieur et le reste de leur frontcourt Lewis et Turkoglu joue à l'extérieur. Ce n'est pas nouveau : 26.2 3PT Attempts par match en saison régulière. Seuls les Knicks de D'antoni sont au dessus avec 27.9 3PA.
Ilgauskas ne peut pas défendre Howard et Varejao ne peut pas défendre extérieur sur Lewis ni Turkoglu. Laissons James s'en occuper. Et en attaque il y'a un peu plus de chances de pouvoir écarter le jeu avec un joueur extérieur supplémentaire. Plus qu'avec Ilgauskas à 3pts. Peut-être que Szczerbiak peut mettre des paniers. Il faut bien tenter quelque chose.
Il sera toujours possible de charger la monture s'il faut affronter Gasol/Bynum ou Nêné/Martin en finale. Pour l'instant, on n'en prend pas trop le chemin, pas besoin d'handicap. Allégeons, allégeons.