
Les drafts sont bouclées. Matthew Stafford va quarterbacker les Detroit Lions, la pire équipe de l'histoire. Le plus gros contrat de la NFL -- 41,7M garantis-- adoucira la douleur. Stephen Strasburg devient le grand espoir de la pire équipe de la MLB, les Washington Nationals. L'espoir c'est déjà qu'il signe, Scott Boras compte bien demander un contrat record mirobolant, ça devrait traîner. Blake Griffin se retrouve dans la pire équipe NBA ; les Clippers. Mais au moins c'est Los Angeles et son contrat est défini à l'avance, l'avantage du rookie scale.

Qu'en dire de plus? On verra bien...
Pour la NFL, l'an passé les deux QB's pris au premier tour (Matt Ryan et Joe Flacco) ont été titulaires dès leur premier match --Ryan par la force de son contrat et du besoin d'effacer Michael Vick des mémoires ; Flacco par la force des choses--, et ont chacun fait une saison formidable. Matt Ryan fut plutôt efficace dès sa première passe.
Cette année 3 QB's ont été pris au premier tour : Stafford (1e), Mark Sanchez (5e par les Jets) et Josh Freeman (17e par les Bucs). Normalement il est conseillé de les laisser mûrir quelques temps sur le banc mais les succès de l'an passé poussent au soudain.
Les Lions ont peu de pression, ils ne peuvent pas faire moins bien que 0-16. Jim Schwartz est dans sa première saison de headcoach, tout comme Rex Ryan pour les Jets et Raheem Morris ; aucun ne risque sa place. Seuls les Jets ont une petite urgence à gagner avec tout le pognon dépensé l'année dernière durant la free agency. Et puis aussi parce que c'est New-York, faut pas déconner.
Au pays les experts analysent en profondeur les drafts pour chaque franchise le lendemain de l'événement, voire le soi-même, avec notation péremptoire. Un tour de force : analyser un choix avant même qu'il ne soit effectif. Stafford sera peut-être Peyton Manning. Ou bien Tim Couch, allez savoir. Ratiociner sur d'aléatoire conjectures. Se noyer dans l'abstrait...
Comme un soliloque de Fanny Ardant. Lorsque son esprit plonge en apnée vers d'inconnues profondeurs, le long du fil de sa voix sombre et monocorde, capturer un mot merveilleux qu'elle remonte fièrement à la surface, notre altitude humaine terriblement plate, nous l'offrir généreusement avec la fierté de l'explorateur venant de découvrir l'Atlantide et remontant une première amphore ; puis reprend son souffle, replonge nous en apporter un autre en laissant traîner une syllabe du précédent pour nous tenir en haleine. Notre respiration resterait haletante si ces mots mis bout à bout présentaient un intérêt quelconque. Malheureusement nous avons déjà entendu quelque part que le cinéma c'est la vie ou que l'enfaaaaaaaance...
On part respirer ailleurs. Rien ne vaut le concret. Les impôts, les pâtes, la météo. Le père de Marcel Proust l'a bien dit : "... le temps qu'il fait! Mais il n'y a rien de plus intéressant!"








